Texte écrit l'été 2007
par Mathilde T.
Je rentre de vacances et je ne décolère pas.
Ou plus exactement je continue de désespérer.
Etant fervente de la pêche à pied sur nos côtes
françaises, je suis, comme tous les ans depuis
ma tendre enfance, allée tâter de l'algue et du
rocher en quête d'un beau crabe, de crevettes
bien dodues et autres coquillages à déguster
ou à admirer.
Et là ! Consternation : plus rien !
Quand je dis plus rien, c'est vraiment plus rien !
La vie s'était comme paralysée. Oui, paralysée
ou disparue. Plus angoissant encore...
Les personnes qui pratiquent cette activité
estivale en respectant le silence des lieux,
en prenant bien soin de remettre algues et
rochers à leur place et en ne ramassant
que ce qu'ils vont manger, ces personnes là
donc, connaissent bien le doux gargouillis
qui habite les rochers, celui qui fait rêver.
Et bien, cet été, c'était le silence profond.
Pas un bruit pour trahir la moindre petite
forme de vie.
Alors nous en sommes là ! C'est arrivé !
Ce n'est pas dans l'esprit fumeux de
quelques savants alarmistes. Les bouleversements
que nous imposons à la nature se retournent
cruellement contre nous.
C'est bien fait ! Il fallait les écouter
tous ceux qui nous mettaient en garde
contre notre folie du profit, contre nos
indécences à puiser, à massacrer,
arracher, détruire.
Ce que j'ai vécu cet été 2007, ce n'était
plus un reportage sur de lointaines
contrées qui sont en train de crever
et dont nous n'avons strictement
"rien à foutre", c'était là devant moi.
Il n'y avait plus rien !
Honte à nous qui assassinons !
Honte à nous qui nous taisons
et qui fermons les yeux !
Je me disais, en fouillant sans succès
les récifs découverts par la marée,
que le plus grand malheur qui était
survenu à cette planète cela avait été
l'apparition de l'Homme.
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